Appropriation Locale

L’appropriation locale est un des piliers de la RSS. C’est un fait reconnu que d’être engagé politiquement et avoir des discussions politiques régulières mènent à une meilleure appropriation du processus de réforme. Dans le même temps, garantir l’indispensable appropriation locale peut être une tâche intimidante et un défi pour les pays et institutions donateurs. Même si l’intérêt est présent, il n’est pas toujours évident de maximiser l’appropriation locale quand il y a peu ou pas de capacité organisationnelle pour la mise en œuvre et pour réunir les acteurs principaux. 

La Résolution 2151 du Conseil de sécurité de l’ONU (2014) est une étape importante  pour établir l’importance de l’appropriation nationale dans les processus de réforme du secteur de la sécurité et de la justice. Elle s’appuie sur les avancées du New Deal qui demande aux états donateurs d’utiliser des mécanismes internes aux pays visés comme moyens principaux pour évaluer la participation et établir les programmes et examens.

Enseignement 1– Maximiser l’utilisation d’approches participatives

Enseignement 2 – Investir dans les réseaux locaux et régionaux

Ressources choisies

Enseignement 1 - Maximiser l’utilisation d’approches participatives

L’utilisation d’approches participatives encourage l’implication d’un large éventail d’acteurs locaux. Ainsi, adopter des approches inclusives est important non seulement pour développer de solides programmes gérés localement mais aussi pour faciliter la participation des partenaires nationaux.

Exemples

Le régime des subventions en Albanie fait partie du programme de « Soutien de la Suède au ministère de l’Intérieur (MoI)/Police nationale Albanaise (ASP) pour la police de proximité (SACP) ». Des comités ont été mis en place dans cinq endroits en Albanie et comprennent des représentants du gouvernement local, de la direction régionale de l’éducation, de la police, des conseils parentaux, de communautés minoritaires, de conseils de jeunesse, etc. Ces comités peuvent accorder de petites subventions (jusqu’à 5000€) à des individus, ONGs ou consortiums pour mettre en œuvre des projets locaux qui améliorent la relation et la coopération entre la jeunesse, les communautés minoritaires et la police. Plus d’informations sont disponibles sur le blog de Victoria Walker.

Un examen du secteur de la sécurité intérieure (ISSR) a été conduit au Kosovo en 2005-6 pour aider à définir les besoins en sécurité et analyser la capacité institutionnelle nécessaire afin de faire face aux menaces. Cet examen a été conduit via un processus consultatif impliquant experts locaux et citoyens. L’ISSR fut un des projets les plus ambitieux et complets en matière de RSS de ces dernières années, tant en terme d’envergure que de méthode.

Le programme met l’accent sur le développement de la police de proximité et de systèmes informels de maintien de l’ordre. Ce programme a permis l’entraînement de 6440 agents de 129 divisions différentes pour un rôle dans la police de proximité, ainsi que le développement de partenariats de sécurité des communautés dans des divisions pilotes.

Voz di Paz est le partenaire local d’Interpeace en Guinée-Bissau. Le programme a pour objectif de contribuer concrètement à la consolidation de la paix et de la stabilité, prérequis pour le développement post-conflit, en Guinée-Bissau. Compte tenu du contexte difficile du pays, Interpeace et Voz di Paz centrent leurs activités autour des causes profondes grâce à une stratégie impliquant des citoyens ordinaires tout comme des acteurs influents à travers le pays.

Les Pays-Bas ont été précurseurs dans la mise en place de relations triangulaires entre la société civile (y compris les instances académiques), les donateurs et les institutions étatiques lors du Programme d’aide technique en Indonésie (2000-2005) avec le FMI. Cette méthode a contribué à la formulation de programmes durables, bien structurés, et suffisamment appropriés.

Le programme de « Soutien de la Suède au ministère de l’Intérieur (MoI)/Police nationale Albanaise (ASP) pour la police de proximité (SACP) » a adopté une approche inclusive pour encourager l’appropriation et l’engagement albanais lors de  son élaboration et mise en œuvre. Le fait que l’équipe de mise en œuvre soit largement composée d’Albanais, y compris le directeur, contribue à ce que les parties prenantes voient le programme comme étant un processus largement approprié localement. Les sessions de débriefing, durant lesquelles les conclusions des rapports sont présentées, servent aussi de points d’entrée pour l’appropriation et la participation des parties prenantes concernées. De plus, travailler avec des interlocuteurs locaux lors de l’ébauche des rapports permet plus d’implication et de participation dans les programmes de réforme.

Enseignement 2 – Investir dans les réseaux locaux et régionaux

Plusieurs rapports soulignent l’importance de puiser dans les ressources des réseaux locaux et régionaux pour parer aux besoins en sécurité et en justice, et encouragent le développement de réseaux là où des intérêts communs existent. Faire appel aux réseaux existants améliorerait non seulement la compréhension du contexte et le partage de connaissances mais aiderait aussi à la mise en œuvre des programmes de réforme. En outre, utiliser une terminologie appropriée aux conditions locales peut être utile pour reformuler les programmes JSSR et diminue les soupçons d’ingérence étrangère en permettant aux parties prenantes locales d’être aux commandes.

Exemples 

Établis par la Police de Sierra Leone suite à l’effondrement du pays dans les années 90, les Conseils de partenariat avec la police locale (LPPBs) se sont montrés décisifs pour accroître la confiance, la participation et le succès des activités de police en cherchant à répondre aux besoins locaux. Le Danish Institute for International Studies (DIIS) présente un résumé des enseignements tirés de l’expérience des LPPBs en Sierra Leone (en anglais).

Pour des informations sur une question similaire, veuillez consulter ce document de recherche : Policing Nigeria: A case for partnership between formal and informal police institutions.

Les Partenariats de sécurité communautaire (CSPs) ont permis de prévenir, réduire et contenir les menaces sociales et environnementales qui nuisent au droit des individus de vivre sans peur de la criminalité et dégradent leur qualité de vie. Les Partenariats de sécurité communautaire ont apporté des solutions locales  à des problèmes locaux identifiés par la population grâce à des mécanismes de coordination institutionnelle et organisationnelle mis en œuvre par cette dernière.

Sur base d'une décennie de programmes de formation au renforcement des capacités et de programmation conjointe pour l'armée et la société civile aux Philippines, une nouvelle initiative crée un forum permanent pour la coordination entre la société civile, l'armée et la police et pour la surveillance du secteur de la securité. Lancé en 2011, le forum Bantay Bayanihan institutionnalise la bonne volonté établie avec la formulation en 2010 du Plan de paix et sécurité interne (IPSP) qui bénéficiait d'une forte participation de groupes de la société civile.