Une arme à double tranchant : comités de vigilance et contre-insurrections africaines

Confrontés à des insurrections croissantes, les Etats africains défaillants font ce que les Etats faibles ont tendance à faire : sous-traiter certains services de sécurité à des acteurs non étatiques ou à des comités de vigilance, dont beaucoup de membres ont pris les armes pour protéger leurs communautés. Cette approche est parfois considérée comme une nécessité, mais est souvent dangereuse, en particulier dans les Etats politiquement instables et divisés. Plus l’Etat est fragile, plus il est dépendant des comités de vigilance, mais moins il est capable de les contrôler ou d’empêcher les abus de pouvoir. Plus le comité de vigilance réussit à lutter contre les insurgés, plus il est difficile de démobiliser ses combattants, et plus il a de chances de s’établir durablement. En raison de rivalités ethniques et d’allégeances, les groupes de défense communautaires peuvent se transformer en organisations prédatrices, quasi criminelles ou en ennemis de l’Etat central. Pourtant, même quand les risques l’emportent sur les avantages, les dirigeants africains peuvent ne pas avoir le choix. Au minimum, les gouvernements africains et leurs partenaires internationaux devraient tirer les leçons du passé, essayer d’éviter les abus, empêcher que les comités de vigilance ne dévient de leur mission initiale, et planifier leur rôle et réintégration post-conflit.

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