Entre déstabilisation et enracinement local les groupes djihadistes dans le conflit malien depuis 2015

Le Mali est traversé depuis 2015 par une instabilité grandissante. La multiplication d’attentats terroristes, revendiqués par des groupes djihadistes de plus en plus actifs, illustre la dégradation sécuritaire observée tout au long des années 2016-2017. Alors que les djihadistes ont été particulièrement ciblés par les opérations franco-maliennes depuis 2013, comment expliquer leur résilience ? Ce rapport montre que la déstabilisation dont le Mali est en proie ne s’explique pas par le seul activisme des groupes djihadistes, même s’ils y jouent un rôle premier. Les violences qui ponctuent le confit malien sont en effet sous-tendues par des logiques variées, qui s’entrecroisent et articulent luttes locales de pouvoir, affrontements intracommunautaires et intercommunautaires, discordes tribales et claniques, le tout sur fond de recul d’un État malien de plus en plus désavoué. Les groupes djihadistes apparaissent ainsi comme des acteurs incontournables de la « politique armée malienne » tant ils sont insérés dans ces dynamiques et en tirent proft. Au-delà de leur fort degré de fragmentation, la fluidité organisationnelle qui les caractérise leur a permis de se réorganiser et d’ajuster leurs stratégies. Ces dernières sont basées sur l’usage de la violence et du terrorisme. Elles incluent également, avec un succès non négligeable dans certaines régions, tentatives de s’imposer comme des modèles alternatifs de gouvernance et intensifcation du recrutement. Ce faisant, ces groupes contribuent à accentuer la crise de légitimité dont souffre l’État malien sur des pans entiers de son territoire.

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